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Votre vie se résume à ceci: tous les jours vous vous levez le matin, et par un effort surhumain, vous parvenez à vous glisser jusqu’à la salle de bain, hop hop hop habillage rapide et en voiture pour le travail. Toute la journée, les blagues niaiseuse de vos camarades, les remontrances des professeurs, les cosinus, les bouquins de 600 pages que vous ne parvenez pas à digérer, les « My name is Walter, what is youri name« … Bref, une journée comme une autre, qui commence pareille, et qui termine pareille, dans la plus grande des monotonies… Sauf que (car il fallait bien évidemment un « sauf que » sinon il n’y aurait pas de test)… sauf que voilà: Shigeru Myamoto, alias le SuperMan de la manette a bien décidé de vous remettre un coup de punch, et ce sans vous faire quitter votre canapé! J’en vois qui vont crier au mensonge, et bien ils se trompent, car ce bol d’air frais s’appelle Animal Crossing: Wild World, et il risque tout simplement de faire des ravages !
Cependant, décrire Animal Crossing, c’est comme vouloir citer tous les prénoms existant sur Terre, vouloir énumérer une à une chaque fourmi d’une fourmilière, vouloir… (quoi? On me dit en régie que le lecteur n’est pas stupide et qu’il a compris). Soyons clair. Animal Crossing ne se décrit pas, autant qu’il ne se joue pas: il se VIT.
Tout d’abord, la merveilleuse histoire d’Animal Crossing commence sur Nintendo 64. Développé d’abord sous le nom de Animal Forest, il sortira finalement sur Gamecube, avec en revanche les mêmes graphismes qui auraient fait son succès sur la 64 bits de Nintendo. Autant dire que l’idée avait de quoi refouler… Et pourtant, le succès a été tel qu’un add-on, très modestement nommé Animal Crossing e+ (oui bon pour le nom ils ne se sont pas foulés mais bon) sortit quelque temps après… AU JAPON ! Eh oui, nous, pauvres Européens, n’auront eu droit à notre Animal Crossing qu’en 2004, sur Nintendo Gamecube (les râleurs diront que vu les graphismes, encore heureux qu’ils ne l’aient pas sorti sur Revolution). Il s’agissait donc bel et bien du premier Animal Crossing, un pur chef-d’œuvre. J’en connais qui ont prié pour que l’opus DS ne tarde pas autant à sortir en Occident… Et voilà que devant nos yeux ébahis et nos porte-monnaie bien ouverts, se pointe le très très attendu Wild World, exclusif sur Nintendo DS ! ! ! (mince où est-ce que j’ai planqué les feux d’artifice?)
L’idée est simple: vous vivez votre vie, ni plus ni moins. Vous êtes ici un jeune garçon (pas réaliste du tout, c’Est-ce qui fait le charme) qui se rend en taxi dans un nouveau village dont vous aurez vous-mêmes le choix du petit nom (évitez un truc genre Paris, quand vous verrez la tête du village, vous n’allez pas y croire du tout). Votre personnage donc, après avoir répondu à un grand nombre de questions concernant son identité, et reçu un prénom de votre composition, arrive donc, sous une pluie battante, dont le bucolique petit village de [nom à choisir] ! Bien sûr, il ne part de rien, et a décidé d’emménager sans le moindre sou! Heureusement, un gentil (et intéressé) tanuki (un raton laveur) du nom de Tom Nook va vous vendre une maison grande comme des toilettes, et vous devrez bien évidemment le REMBOURSER! Au début, vous aurez à travailler chez Nook, mais c’est plus un didacticiel qu’autre chose, car dans Animal Crossing, vous êtres libre, libre, LIIIIIBRE ! ! ! ! (comme dirait le héros après avoir remboursé ses dettes). Sachez tout de même qu’au fur et a mesure que vous rembourserez le bestiau, vous aurez loisir à agrandir votre maison.
Dans Animal Crossing, vous avez des voisins. Certes, cela paraît étrange de réserver un paragraphe du test exclusivement pour ces voisins, et pourtant selon moi, ils sont le cœur du jeu, pour ne pas dire LE jeu. Lorsque vous arrivez dans votre village champêtre, vous n’en avez que 3: autant vous dire que l’endroit est un peu mort. Il sera de votre devoir d’embellir votre ville (fleurs, arbres, arrachage des mauvaises herbes…) afin d’attirer le plus de monde possible. Cela dit la limite du nombre d’habitants est d’environ 10. Mais ne vous méprenez pas, même si le nombre est faible, lorsque vous l’avez atteint, l’ambiance est toute autre, et votre village n’aura plus l’air d’un lieu paumé fui de tous, mais d’un sympathique petit coin où passer ses vacances. Donc revenons-en aux voisins. Tout d’abord ils sont aléatoires, et chaque nouvel arrivant est choisi au hasard entre environ 200 personnages existant. Autant vous dire que chaque partie est différente. Or pour prospérer dans AC, il vous faudra tisser des liens d’amitié avec vos voisins, c’est-à-dire de pas refuser de leur rendre un service, vous contraindre quelquefois à leur joindre un cadeau sympathique (même une poire fait l’affaire), etc.… Chacun a son caractère (même s’ils se divisent en classe comme le bourgeois, le râleur, le sportif, etc.), et vous devrez adapter vos réactions en fonction des leurs. Il est donc parfaitement déconseillé de frapper d’un bon coup de filet votre ami Hippopotame qui vous demande d’aller chercher des fringues chez sa copine la poule qui habite à l’autre bout du village, et qui a malencontreusement oublié les habits chez monsieur le Rhino qui les a déposés par erreur chez son pote le pingouin! Bref, dans Animal Crossing., il va vous falloir TRAVAILLER pour gagner votre vie, et vos voisins y seront pour beaucoup!
Vous pouvez également leur écrire des lettres, un système facilité par l’écran tactile. Par contre, que les pros du sms se rendorment, vos amis animaux ne comprennent que le langage bien orthographié avec de la ponctuation!
Animal Crossing, c’est aussi une manière de jouer particulière. Vous pouvez creuser pour chercher des fossiles et compléter le musée vide du jeu, pêcher les différents poissons des différentes périodes de l’année, attraper des insectes, dégommer des (rares) cadeaux dans le ciel avec un lance-pierre, planter des arbustes et des fleurs et les arroser, récolter des fruits et les revendre, décorer votre maison en cherchant tous les moyens de vous offrir les plus beaux meubles, et des tonnes d’autres trucs vraiment géniaux. En ce qui concerne la déco, elle est primordiale dans votre maison, car elle est notée par l’AJD, l’Assemblée des Joyeux Décorateurs, qui lui attribuera des points chaque matin, le but étant bien évidemment d’obtenir le plus grand nombre. Mais là où le pas est franchi par rapport à la version GameCube, c’est en ce qui concerne le héros. Fini le gamin bizarre que l’on n’a pas choisi, et qui se trimballe un casque à cornes ridicule. Désormais, vous l’habillez de la tête aux pieds, et plus tard dans le jeu, vous changerez même sa coiffure! Ce qui permet là encore de retranscrire toute votre personnalité! Votre attirail est constitué, quant à lui (du moins une fois que vous les avez payés) d’une pelle pour creuser (sans blagues?), d’un filet pour attraper des insectes (et accessoirement frapper vos voisins), d’une canne à pêche pour pêcher (on en apprend des choses), d’un lance-pierres pour viser les cadeaux dans le ciel (si si!) d’un arrosoir pour empêcher vos jolies plante de mourir, et d’une hache pour vous débarrasser des arbres gênants! Bref, THE équipement du parfait villageois de campagne (à part le lance-pierre, quoique). Aucun rapport, mais un jeu de mot débile accompagne chaque prise d’insecte ou de poisson (genre: « j’ai attrapé un calmar! Je l’ai bien calmé! »). Mais bon cela est un des constituants du fun indéniable que procure le soft !
En effet, ce jeu ne se prend pas toujours au sérieux, l’humour est d’ailleurs très présent. Les remarques culottées et les manies stupides (de langage notamment de vos voisins sont souvent très drôles. Essayez de décocher 3 bons coups de filet à papillon sur votre pote le gorille pour vous en convaincre. (d’ailleurs sur ce sujet, les animaux sont un peu amnésiques, vous aurez beau les torturer, ils arboreront a nouveau un grand sourire en vous voyant le lendemain.). Le look lui-même, décalé et enfantin, est un ingrédient de ce grand plat de fun condensé en une cartouche. Les persos sont en Super-Deformed (SD pour les intimes) les décors paraissent tout droit sortis d’un compte pour enfant, bref ceux qui ne jurent que par du Dark longueur de journée risquent fort de s’ennuyer dans cet univers ou tout n’est que gaîté et joie de vivre.
Les graphismes, on les critiquait sur GameCube car ils n’exploitaient pas (du tout) les capacités de la bête. Sur Nintendo DS, ils sont très ressemblant surtout quant au style… sauf que là, bah on est sur DS, et malgré ce que diront les médisants, je trouve que c’est du très très très bon boulot. On reconnaît tout du premier coup d’œil, c’est fluide, sans bug, sans ralentissement, bref c’est vraiment plaisant. Là aussi on peut constater du renouveau: plus de cases donc plus de passage d’un écran à un autre ! Dorénavant le village défile sous vos yeux avec un effet d’horizon roulant, comme si le village entier était construit sur un rouleau! Le design est comme je l’ai déjà précisé vraiment fun et crée une véritable ambiance. Animal Crossing. est comme ça, bucolique, presque féerique un brin déjanté, et surtout relaxant. Il en est de même pour les musiques, douces et en fond de l’action. Elles changent d’ailleurs à chaque heure, s’adaptant à la partie de la journée durant laquelle vous jouez. Tous les villages sont différents, car la formation de leur géographie et la position des bâtiments est aléatoire selon les parties.
La maniabilité est grandement facilitée par le stylet. Vous pouvez intégralement jouer au stylet, ne conserver que les boutons, ou faire un mixe des deux (sachant qu’il ne faut pas passer par un menu pour changer, mais simplement appuyer sur n’importe quel bouton ou tapoter l’écran tactile! Une idée simple mais remarquable!). Je ne saurai que trop vous conseiller pour le mixe des deux: personnellement je me sers des boutons et des la croix multidirectionnelle pour les actions de mon perso, et du stylet pour communiquer avec les voisins, pour écrire des lettres, ou pour transférer les objets de l’inventaire! En tout cas, tout est intuitif, ce qui favorise vraiment l’immersion! Encore un bon point pour Animal Crossing.!
Ce paragraphe va paraître ridicule car il risque d’être très court. En effet il concerne la durée de vie! Elle est tout simplement infinie pour peu que vous accrochiez au soft! Vous n’y jouerez certes pas des heures durant, mais même un peu chaque jour et cela peut honnêtement durer une bonne année entière! Encore de mon expérience, je me souviens avoir passé 1 an et demie sur la version GameCube, alors j’ose à peine me prononcer sur ce qu’il en sera de celle-ci, tant nombreuses et réjouissantes sont les innovations!
Le jeu est en temps réel. C’est simple, à l’heure où je rédige ce test, il est 20h15, et nous sommes le 31 Mars 2006. Eh bien dans Animal Crossing., il est 20h15 et nous sommes le 31 Mars 2006! Et nous y sommes également le printemps! C’est aussi pourquoi AC est une deuxième vie. Elle ne peut s’ajouter à votre vie, puisqu’elle en ronge une partie, elle lui prend un peu de temps qui n’appartient qu’à elle. Tous les évènements de l’année sont présents, à savoir Noël, Halloween, le 14 Juillet, et bien d’autres. Et bien sur des fêtes spécialement conçues pour le jeu, comme la fête de l’amitié un dimanche par mois. Les rencontres sont à telle ou telle heure de tel ou tel jour, ce qui accentue le côté « réaliste » du jeu. Ainsi vous ne verrez le chien Kéké joueur de guitare qu’à une certaine heure du samedi soir au bar, et vous ne participerez à un marché aux puces que le premier samedi de chaque mois! Bref, ce temps réel, ces saisons qui défilent, ces rendez-vous à ne pas manquer, tout cela contribue au bonheur énormissime offert par le soft! (et encore, je pèse mes mots, car si je devais vraiment retranscrire tout ce que me procure un jeu comme celui-ci, j’écrirais en majuscules et je mettrais des « WAAAAIIIIIIIIIIIII » à chaque fin de phrase).
Mais comme il y a toujours des « pas contents », j’en vois qui vont me dire « c’est bien beau ça mais alors c’est quoi les différences avec la version GC? Hein? Hein? Hein? »
Chuuuuut… Des différences, il y en a, et pas des moindres.
Tout d’abord (accessoirement), un jeu portable est bien plus pratique à jouer partout qu’un jeu sur console de salon. C’était indispensable pour un jeu de ce genre.
MAIS SURTOUT, arrive en force le génialissime mode WIFI ! ! ! Soyons clair, pour peux que vous ayez le code ami de vos amis (je pouvais pas éviter la répétition), vous pourrez, à 4 maximum, faire les joyeux lurons dans votre village ou dans celui de l’un d’eux. Et là, tout est possible. Changer, tchater, sympathiser avec la faune du coin, jouer à cache-cache, faire des concours de pêche ou de chasse aux insectes, … Vous n’allez vraiment pas vous ennuyer. D’autant plus que le multi ne se limite pas au WIFI mais est aussi jouable par infrarouge. Une fonction permet même de détecter des possesseurs de AC autour de vous! Bien que l’on aurait aimé pouvoir inviter des inconnus chez nous, et créer des liens, force est d’admettre que la politique de sécurité de Nintendo est des plus louables. Donc soyez prévenus, sans potes, pas de WIFI!
Bon bah sinon, je pense vous avoir parlé de tout. Dans les grosses lignes tout du moins. Je crois qu’Animal Crossing est le reflet de la société dans laquelle nous vivons. Une société plutôt tristounette dans laquelle les gens ont envie de s’évader dans un monde paisible et bucolique (vous remarquerez que j’aime bien ce mot). Animal Crossing, ce n’est pas un bol d’air frais, mais une usine de bol d’airs frais à lui tout seul. L’essayer c’est l’adopter, et vous allez découvrir une nouvelle vie, votre vie. Je parie sans trop me mouiller que le jeu va à lui seul justifier l’achat de nombreuses DS, et rallier un tout autre public au jeu vidéo, y compris la gent féminine! Ici, votre meilleure arme, ce n’est pas une épée ou un gun, mais votre joie de vivre.
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